Résultats Thales 2023

Communiqué de presse Thales du 5 mars

Tout le monde s’en doutait lors des NAO 2024 : Thales reconnait enfin publiquement qu’il bénéficie plus que jamais d’une excellente santé économique, enviée par de nombreuses sociétés.

Alors Thales peut payer. Il paye grassement ses actionnaires et se paye des sociétés à prix d’or tout en appauvrissant ses salariés !

Il le fait pour la grande majorité comme s’il s’agissait d’une punition collective et fait mine de ne pas voir le problème ! Aucune honte !

A ce rythme, Thales se prépare à aller encore plus loin dans cette voie. Si vous souhaitez un autre avenir, alors rejoignez SUPPer dès maintenant et construisons ensemble un rapport de force !

Décryptage des principaux indicateurs du communiqué de presse du 5 mars : la méthode des moyennes

Pour s’y retrouver avec les grands chiffres annoncés par Thales, il faut les ramener à l’échelle humaine, celle du salarié. C’est pourquoi SUPPer présente ici des moyennes par salarié en divisant par 81000 (effectif du Groupe) chaque indicateur publié par Thales.

On obtient ainsi pour 2023 les moyennes suivantes :

  • Chiffre d’affaire = 227500 €

  • Bénéfice net = 12630 € (résultat net consolidé)

  • Dividendes = 7800 € (3,40 € par action)

Ensuite, pour prendre un recul suffisant sur les performances de Thales, nous regardons leur évolution sur 10 ans et non 2 à 3 ans comme dans les publications financières du Groupe.

  • 62% : part du bénéfice net reversée aux actionnaires sous forme de dividendes (31,6% en 2013)

  • 2,5 ans : l’avenir est assuré avec un carnet de commande record équivalent à 2,5 fois le chiffre d’affaire

Ces records ont tous été établis en dépit de la hausse du coût des matières premières, de l’énergie, des tensions sur la chaîne d’approvisionnement, du niveau de turn-over, des difficultés à recruter, etc. MERCI QUI ?

La démesure actionnariale en une courbe

L’un des indicateurs économiques les plus essentiels à commenter pour SUPPer est la part du bénéfice net (résultat net consolidé) consacrée aux dividendes.

Dans le passé, les économistes recommandaient une répartition en 3 tiers entre dividendes, investissements R&D et salariés.

En 2023, ce ne sont pas 33% mais 62% qui reviennent aux actionnaires ! Ce pourcentage a presque doublé en 10 ans avec une accélération après le traumatisme du COVID !

Les principales dépenses de Thales en 2023 : dividendes, rachats d’actions propres et acquisitions de sociétés

En appliquant toujours la méthodes des moyennes :

  • Dividendes = 7800 € (moyenne par salarié). Leur cumul atteint 634 M€.

  • Rachats d’actions propres en 2023 = 5700 € (moyenne par salarié). Leur cumul atteint 461 M€.

  • Cumul des dépenses pour les actionnaires (dividendes + rachat d’actions propres) = 13500 € (moyenne par salarié)

  • Acquisitions de sociétés et cessions d’activités = 42800 € (moyenne par salarié) pour un solde net de 3464 M€ et une dette nette de 4 Md€.

  • Cumul « actionnaires + acquisitions et cessions de sociétés » = 56300 € (moyenne par salarié)

Analyse de la com’ de Thales : enthousiasme et confiance devant la presse, prudence et retenue devant les salariés

Comparaison entre la note de cadrage NAO et le communiqué de presse : 2 poids, 2 mesures

Quand il s’agit de la santé économique du Groupe, Thales adapte habilement sa communication pour flatter les actionnaires et freiner les revendications des salariés.

Ainsi, la lecture comparée du communiqué de presse du 5 mars 2024 sur les résultats de Thales en 2023 et de la note de cadrage NAO de novembre 2023 fait apparaître des écarts spectaculaires !

Que faut-il penser de la com’ Thales ? Pour SUPPer, soit la direction noircit le tableau devant les salariés (pratique déloyale pour freiner les revendications ?), soit elle cache à la presse certaines données défavorables mais essentielles à l’analyse de sa santé économique (culte du cours de l’action ?).

Une seule certitude, les salariés ne sont pas dupes !