Les CSEC de LAS et DMS se rebiffent
Bras de fer entre les CSEC de LAS, DMS et les Directions THALES : les élus contestent le déploiement de plusieurs outils d’IA sans consultation préalable, jugent la démarche illégale et ont menacé de saisir la justice si la Direction ne régularise pas la situation.
Par un vote à l’unanimité des élus présents, les CSEC (Comités Sociaux Economiques Centraux) de Thales LAS et DMS, après présentation par la Direction du « cadre social concernant l’IA », ont demandé l’ouverture immédiate de procédures d’information-consultation distinctes pour chacun des systèmes présentés, assorties de l’ensemble des informations utiles.
Fin avril, suite à nos interventions précédentes en Comité de Groupe France et dans les CSEC, la Direction du Groupe Thales écrivait aux Organisations Syndicales disant vouloir « placer le dialogue social au cœur des transformations de l’intelligence artificielle ».
Cependant, c’est à la Commission Centrale Anticipation (instance au niveau du groupe), que Thales propose un programme de travaux et non aux CSE – CSEC des entreprises (DMS, LAS, etc.) qui sont au plus près des salariés.
Parlez-nous de VOUS !
L’intelligence artificielle a déjà envahi furtivement nombre de nos métiers. Thales l’a intégrée dans sa stratégie et ses processus internes « tout en assurant une cohésion à travers les équipes » comme on peut le lire dans ses expressions « pour renforcer l’efficacité et l’innovation » avec la volonté d’ancrer l’IA dans la culture et les pratiques de chaque département.
Seuls les salariés sont à même d’expliquer comment l’IA a déjà envahi leur quotidien et les craintes qu’ils en retirent. Les salariés du domaine informatique sont pleinement concernés, mais également nos administratifs (RH, comptabilité, assistanat, achats, etc.).
Participez à l'enquête en ligne !
La direction de Thales a engagé le Groupe dans une voie très dangereuse où elle favorise à outrance la rémunération des actionnaires, quoi qu’il en coûte à ses salariés qui produisent quotidiennement cette richesse.
Vous voulez contribuer à rétablir la vérité ? Dénoncer les abus de la direction de Thales ? Combattre le rabotage méthodique des salaires ?
Loin des promesses vantées par les employeurs, le déploiement de l’IA impacte en profondeur les conditions de travail et l’exercice de nos métiers.
L’IA et les conséquences sur le travail et l’emploi
Modernité, allègement des tâches, gains de temps, derrière les qualificatifs dithyrambiques des employeurs, ce sont souvent les salariés qui trinquent.
Le déploiement des outils de data-science s’accompagne aussi de suppressions de postes.
Parmi les métiers les plus impactés, on peut citer notamment : le journalisme, le droit, les ingénieurs en informatique, les analystes financiers, les enseignants, les agents de service client, les comptables.
Dans les secteurs où des outils d’IA ont été mis en place, nous constatons notamment :
- une perte d’autonomie
- une surcharge de travail pour corriger notamment les erreurs de l’IA
- la perte de sens au travail avec l’apparition de nouvelles tâches chronophages et dénuées d’intérêt.
Les dernières décisions juridictionnelles
Les dernières décisions juridictionnelles commencent à forger une jurisprudence obligeant les employeurs du privé à informer les CSE et les syndicats de la mise en place d’un projet d’IA impactant les missions et les conditions de travail.
Cette absence de consultation des CSE peut conduire le juge à demander le retrait de la technologie concernée.
Les juges retiennent que les outils influencent l’évaluation, la gestion des compétences et les parcours professionnels.
SUPPer revendique l’inscription de l’IA dans l’évaluation des risques professionnels et le financement d’études d’impacts, compte tenu de ses conséquences sur la santé des travailleurs.
L’IA, une grave menace pour l’environnement
Consommation en eau, énergie, métaux, etc, l’IA accentue gravement l’impact du numérique sur l’environnement.
Le coût écologique est colossal mais sous-évalué, en partie parce qu’il est complexe à mesurer, a fortiori lorsque les Big Tech ne jouent pas la transparence sur les données nécessaires aux calculs.
Une contribution croissante au dérèglement climatique : pour rester dans la course à l’IA, de nombreux pays et entreprises reculent sur leurs engagements en matière de neutralité carbone.
Les data centers consomment des quantités exponentielles de métaux.
Lutter contre le déploiement incontrôlé de ces outils ne doit pas se faire sans prise de conscience des enjeux de domination, de recherche du profit au mépris des conditions de travail, de la destruction environnementale et de réduction des libertés publiques.
