Nouvelle Convention Collective de la Métallurgie : quel contexte et quels enjeux ?

1/ L’ancienne Convention Collective de la Métallurgie ne convenait plus au patronat !

Réputée pour la solidité des protections qu’elle offrait aux 1,6 millions de salariés de 42000 entreprises qui en bénéficiaient, l’ancienne convention collective, mise en place dans les années 70, était devenue la cible du patronat via l’Union des Industries et Métiers de la Métallurgie (UIMM).

Dans le viseur du patronat, l’ancienne convention collective s’est retrouvée accusée d’être trop vieille, trop compliquée, illisible, variable d’une région à une autre, etc.

Ne faudrait-il pas plutôt comprendre qu’elle faisait obstacle à certains abus dans la recherche du profit sans limite ?

2/ L’UIMM a voulu faire table rase d’une protection sociale emblématique !

Profitant d’un rapport de force largement en sa faveur*, l’UIMM décide de renverser la table avec la bénédiction du MEDEF et des gouvernements successifs.

Pour l’UIMM, c’est une opportunité exceptionnelle pour s’attaquer à la plus emblématique des grandes protections sociales françaises survivantes : la Convention Collective de la Métallurgie. En cas de succès, les conventions collectives des autres secteurs ne tiendront pas longtemps.

(*) : lois El Khomri de 2016 qui inversent la hiérarchie des normes puis présidence Macron depuis 2017 qui réforme par ordonnances la représentation des salariés dans l’entreprise, traumatisme du Covid-19, etc.

3/ Qui permet à l’UIMM de faire ce que les salariés n’ont jamais demandé ?

Impossible pour l’UIMM de mener à bien son projet sans la signature d’une majorité des 4 syndicats représentatifs dans la Métallurgie. A l’issue de négociations menées loin du regard des salariés et sans même les consulter, la CFDT, la CFE-CGC et FO acceptent et signent. Seule la CGT refuse (SUPPer, l’UNSA et la CFTC en sont exclus).

Une ligne de fracture majeure apparaît alors dans le monde syndical de Thales :

  • d’un côté, ceux qui soutiennent et accompagnent ce « changement de paradigme » introduit par l’UIMM alors qu’ils avaient le pouvoir de le bloquer,
  • de l’autre, ceux qui savent par expérience que le pire devient certain quand on laisse le patronat bouleverser les règles du jeu avec un rapport de force défavorable aux salariés.

 

Pour SUPPer, cette affaire de la NCCM relève de la plus haute importance ! Tous les salariés Thales sont directement impactés et les conséquences se feront sentir pendant les décennies à venir !

Il s’agit d’un bouleversement historique dans le monde du travail en France et dans Thales. Les signataires d’un tel texte portent une très lourde responsabilité. SUPPer se tient à vos côtés pour en limiter les effets nocifs.

4/ Dans la presse, l’UIMM et le gouvernement expriment leur grande satisfaction ! On voit qui a gagné !

Le Monde (08/02/2022) :

Un tel « empilement » ne correspondait plus aux « attentes » des dirigeants de société ni à celles des salariés, et devenait même source d’« insécurité juridique », comme l’a expliqué Eric Trappier, le président de l’UIMM, lors d’une cérémonie qui s’est tenue, lundi, au siège de son organisation, à Paris.

Présente lors la cérémonie à l’UIMM, la ministre du travail, Elisabeth Borne, a salué, lundi, l’accord trouvé, y voyant la démonstration d’un « dialogue social vertueux » susceptible de « servir d’exemple à d’autres secteurs ».

La Marseillaise (02/05/2022) :

« Il faut vivre avec son temps, nous sommes sur un concept totalement avant-gardiste pour le dialogue social », lance Gilbert Marcelli, président de l’UIMM Vaucluse, lors d’une conférence de presse, ce 27 avril. […] « On ne classe plus la personne mais les postes, c’est un changement de paradigme majeur. »

Serge Bornarel, délégué général de l’UIMM Alpes-Méditerranée, pas peu fier du travail accompli. […] Les patrons font la promesse que ce changement « ne touche pas aux différents acquis » et même que c’est un « nivellement par le haut ».

Le Progrès (30/06/2022) :

« C’est un outil simple qui va favoriser la relance de la machine industrielle française. La nouvelle convention collective répond beaucoup mieux au contexte de mondialisation dans lequel notre secteur évolue. Elle permettra ainsi d’augmenter notre compétitivité à l’internationale », s’enthousiasme François Perrier, président de l’UIMM de l’Ain.